Alpestre

07 janvier 2014

Que la Montagne est belle ...

... mais qu'il est dur d'y arriver. Mes premières courbatures apparaissent dans Belledonne, au pied de l'Archeboc, en Savoie, puis dans le Vercors isérois. Je pars en randonnée avec des locaux, des amis savoyards expatriés en Isère pour terminer leurs études. Ils aiment leur pays (la Savoie, pas la France !) comme pas deux et m'emmènent ici et là me perdre dans une forêt de mélèzes ou dans la poudreuse montagnarde. Ils m'en font baver, ils me font goûter la neige, la fraîche, la vraie, ... "pas celle des pistes damées qui brillent à l'ombre des canons à neige". On grimpe, on redescend, on grimpe à nouveau. Et toujours, là haut, l'horizon déchiré par les sommets rocailleux qui surplombent les vallées. Des centaines de sommet. Le Piton de la Fournaise et le Piton des Neige sont loin, solitaires volcaniques au milieu de l'océan. 

 

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Créols en France

Je suis Française, mais le territoire métropolitain est pour moi une grande inconnue. L'Isère est un département immense où je me perds en rêveries tandis que mes professeurs de faculté parlent de droit foncier et de gestion de projet.

Des projets j'en ai plein ... la Montagne m'entoure de ses multiples têtes pointues, tantôt noires, tantôt blanches, au rythme des saisons. Les saisons, parlons-en ! Il n'y en a pas à la Réunion. Je découvre ici avec joie que la végétation mue quatre fois par an, que les fruits sont sucrés en été, mais qu'il faut se rabattre sur les pommes de terre et les navets en hiver... 

De son côté, Quartz découvre des pâtures immenses et gorgée d'herbes où il peut piocher ici et là les mûres entre les épines. Il développe un goût marqué pour les fruits sauvages et l'herbe fine sous les ronciers, et plus encore pour l'herbe estivale des sommets. Goût, odeur, ou transmission comportementale, Quartz apprend à éviter les plantes toxiques et à choisir avec soin celles qui lui remplissent agréablement la panse. 

En quelques semaines, il reprend du poil de la bête, des formes, et m'invite à danser quelques fois sur son dos. Je découvre la cadence de ses cabrioles, de sa foulée ample et de son galop effronté jusqu'alors inconnu. Nous découvrons tous les deux une liberté solitaire, avides de parcourir tous ces chemins qui serpentent sur les cartes et qui s'étalent devant nos yeux étrangers. 

 

Rivière d'Ain                  La Tour de Mont Vert

 Cleyzieu, ancien lavoir                 Randonnée à Aranc, Bugey

 

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Du battant des lames au sommet des montagnes

Octobre 2010 : Larguez les amarres

Départ de l'aéroport de Roland Garros, Île de la Réunion, Océan Indien. Adieu tropiques.

Du hublot je distingue les dernières lames des vagues dans la nuit. Les lumières de la piste clignotent dans le noir, les moteurs ronflent et l'avion s'ébranle. Je pars ... Je quitte mon île natale, pour d'autres horizons, sur le continent, en Europe. C'est si loin. La Métropole, un pays grand comme deux cents fois la Réunion... Deux cents fois plus d'espace, de chemins, de possibilités, d'aventures peut-être. Ce n'est encore qu'un rêve évanescent alors que l'avion décolle. 

 

Juillet 2011 : Jamais sans mon cheval

Presque un an que j'attends; que c'est long ! Mes pensées tumultueuses se sont affrontées moult fois pour peser le pour et le contre. Et si ... ? Et si ça se passait mal, et s'il fallait retourner sur l'île, et si aucun avenir ne nous attendait ici, en Isère ? Et si ... et merde ! J'attends depuis trop longtemps, je compte les jours qui défilent sur un petit calendrier posé sur un coin de bureau. L'avion est réservé, le camion à l'arrivée également, une place au pré nous attend. Il n'est plus question de revenir en arrière. Il aura fallu plusieurs mois d'organisation, de coups de fil, quelques papiers, la visite du vétérinaire, le suivi à distance, et l'inquiètude. 

Forcément, l'avion est en retard. L'affrètement n'a pas lieu à l'heure prévue, rien n'est prêt avant deux heures du matin, tout se bouscule. A la Réunion les personnes qui s'occupent de Quartz patientent plusieurs heures jusque tard dans la nuit. De mon côté je dois changer à la dernière minute mon billet de train pour suivre le départ de l'avion, puis son arrivée, à Paris. Le transporteur normand attend également plusieurs heures sur le tarmac de la capitale, éreinté ; il a encore cinq chevaux à récupérer à Chantilly avant de partir pour un tour de France improbable pour distribuer sa cargaison animale. 

Réunion - Madagascar - Kenya - France : trois décollages, trois atterrissages ... 17 heures de vol. Puis ce sera Paris - Lagnieu, dans l'Ain : 10 heures de camion, en faisant un détour par Auxerre. Total : 27 heures de tension, sans manger, ni boire, exténué. Quartz est sur les rotules. Ai-je bien fait ? Je me ronge les sangs en regardant Quartz découvrir son nouveau territoire, au milieu des moutons. Il devrait rester quelques jours ici, pour prendre le temps de s'acclimater et de se reposer. Son pré jouxte celui du troupeau qu'il intégrera la semaine suivante ... mais ma bourrique en décide autrement. Intrigué par ses nouveaux compagnons, Quartz prend à peine son élan pour sauter la clôture et les rejoindre. Chacun se jauge dans un galop effréné, quelques ruades, une ou deux bousculades, puis tout le monde retourne manger.

Quartz est enfin arrivé !

 

Départ de l'île de la Réunion ... Quartz est quelque peu réticent à monter dans une boîte

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Le voyage laissera ses marques plus d'un mois. Quartz est tondu pour l'occasion, il a quitté l'hiver austral pour l'été européen.

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